Cahier De Conte Page De Garde Maternelle

Ah, le cahier de contes… ou plutôt, le chef-d'œuvre incompris de nos chérubins à la maternelle ! La page de garde, c'est un peu comme la couverture d'un livre. Sauf que là, au lieu d'avoir une illustration léchée par un graphiste professionnel, on a… comment dire… une explosion de créativité infantile.
On parle ici d'une symphonie de couleurs criardes, de traits hésitants dignes d'un sismographe en pleine crise, et de formes indéfinissables qui pourraient aussi bien représenter un extraterrestre en pyjama qu'une fleur qui a abusé de l'engrais. Bref, c'est du pur art brut, garanti sans conservateurs ni additifs !
Vous vous souvenez, vous ? De ces moments de panique où il fallait impérativement que le prénom de votre enfant tienne sur une ligne, alors que le « a » ressemblait plus à un donut écrasé qu'à une lettre ? Et ce « g » qui partait en vrille, défiant les lois de la gravité et du bon goût ? On dirait un serpent qui a avalé une pomme de terre.
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Et puis il y a les inévitables gommettes. Des étoiles qui brillent plus fort qu'un sapin de Noël, des cœurs qui dégoulinent d'amour… ou, soyons honnêtes, qui ont été collés un peu partout, sauf là où il fallait. Le coin de la table, les cheveux du voisin, le pull du prof… Tout est bon pour une gommette rebelle !
L'importance capitale du bonhomme patate

Impossible de parler de la page de garde maternelle sans évoquer le fameux bonhomme patate. Ce symbole universel de l'enfance, avec ses yeux qui louchent, son sourire en banane et ses bras qui sortent directement de la tête. Il est là, fièrement représenté, même si parfois, il ressemble plus à un spermatozoïde géant qu'à un être humain. C’est touchant, non?
Une fois, j'ai vu un bonhomme patate avec quatre yeux et trois bouches. J'ai demandé à la petite artiste ce que c'était. Elle m'a répondu avec un sérieux impérial : "C'est un monstre gentil qui aime beaucoup manger des bonbons". Logique, implacable. L’imagination des enfants, c'est quelque chose d'incroyable !
Et le titre du cahier, alors ?
Le titre du cahier, écrit en lettres capitales tremblantes, est souvent un mystère en soi. "CAHIER DE CONTE DE… (longue pause pour déchiffrer le prénom)… LILA?". Ou peut-être "MES AVENTURES AVEC MON DINOSAURE (dessin approximatif d'un dinosaure vert avec des poils roses)". On dirait un message codé que seul un archéologue spécialisé en art naïf pourrait décrypter. Et généralement on peut remercier la maitresse pour l'orthographe, qui vient rectifier le "conte" en "contes" avec un trait de stylo rouge.
Bien plus qu'une simple page

Mais au-delà du chaos apparent, de la colle qui déborde et des couleurs qui s'entrechoquent, cette page de garde, c'est un peu la carte d'identité émotionnelle de notre enfant. C'est la preuve qu'il existe, qu'il crée, qu'il explore. C'est une petite fenêtre ouverte sur son monde intérieur, aussi désordonné et merveilleux soit-il.
Alors, la prochaine fois que vous tomberez sur un cahier de contes à la page de garde improbable, ne le jugez pas trop vite. Regardez-le avec les yeux d'un enfant, et laissez-vous emporter par la magie de l'imperfection. Parce que, finalement, c'est ça le plus beau.
Et puis, avouons-le, dans quelques années, cette page de garde sera un souvenir précieux, une madeleine de Proust qui vous rappellera ces années où votre enfant croyait encore que dessiner un chat avec six pattes était tout à fait normal.
