Page De Garde Cahier Chanson Comptine

Ah, la page de garde du cahier de chansons et de comptines! On dirait un peu le teaser avant le grand concert de l'année, sauf que le concert, c'est "Alouette, gentille alouette" chanté faux par une vingtaine de gamins surexcités. Qui n'a jamais vécu ça? C'est un peu notre Madeleine de Proust à nous, non?
On s'en souvient tous, ce moment crucial où, armé de nos crayons de couleur fatigués et d'une gomme qui a plus servi à faire des sculptures qu'à effacer, on devait créer. Pas une simple page d'identification, non, mais une véritable œuvre d'art digne de figurer... sur le frigo, sous un aimant publicitaire pour le plombier du coin.
Le grand défi artistique
Le but? Transformer cette page blanche, cette terra incognita du cahier, en un chef-d'œuvre capable de rivaliser avec La Joconde... ou au moins avec le dessin approximatif du chat de la voisine. Plus facile à dire qu'à faire, hein? Surtout quand on a l'inspiration d'un bulot.
Must Read
Alors, comment ça se passait chez vous? Est-ce que vous étiez plutôt du genre "artiste conceptuel", avec des gribouillis abstraits qui, selon vous, représentaient l'essence même de la musique? Ou plutôt du genre "copie conforme", reproduisant à l'identique (ou presque) l'illustration du livre de comptines, avec un résultat qui faisait ressembler Alouette à un poulet déplumé par un ouragan?
Les incontournables
Il y avait des classiques, bien sûr. Impossible d'échapper à certains motifs. Un solfège, forcément. Quelques notes de musique maladroitement dessinées qui ressemblaient plus à des spermatozoïdes qu'à des symboles musicaux. Et, bien sûr, un micro, souvent disproportionné par rapport au reste du dessin. Imaginez un peu, un micro plus gros que votre tête... c’est l'équivalent musical d'un chapeau de clown XXL!

Et les couleurs! C'était un festival de couleurs primaires, appliquées sans vergogne. Du rouge criard, du bleu électrique, du jaune poussin... un véritable attentat visuel pour le prof de musique, qui devait quand même faire comme si c'était magnifique. Pauvre de lui!
Mais le plus important, c'était d'écrire "Cahier de Chansons" (ou "Cahier de Comptines", selon l'humeur du jour). Et là, c'était le drame. Soit on écrivait trop gros et on manquait de place à la fin, soit on écrivait trop petit et ça ressemblait à un message codé. Et le nom! Le nom écrit en lettres capitales tremblantes, avec la vague impression qu'on allait être jugé sur la qualité de notre écriture plus que sur notre aptitude à chanter "Au clair de la lune".

On rajoutait souvent une petite signature, discrète (ou pas), avec une date approximative. Genre, "Dessiné par moi, à peu près le 15 octobre 2003... peut-être?". Histoire de laisser une trace de notre passage, comme les peintures rupestres de Lascaux, mais en moins bien conservé.
L'héritage de la page de garde
Aujourd'hui, quand on retrouve ces vieux cahiers, c'est toujours un moment d'émotion. On se replonge dans notre enfance, on se souvient des copains de classe, de la prof de musique, et de ces après-midis passés à essayer de dessiner un micro qui ressemble à quelque chose. C'est un peu comme retrouver un trésor enfoui, non?
Alors, la prochaine fois que vous voyez un enfant en train de décorer sa page de garde, ne le jugez pas trop vite. Il est peut-être en train de créer une œuvre d'art qui, dans quelques années, le fera sourire et lui rappellera de bons souvenirs. Et ça, ça n'a pas de prix.
