Page De Garde Cahier Sallemand

Ah, la page de garde du cahier Sallaud! Un sujet qui passionne les foules... enfin, peut-être pas les foules entières. Disons plutôt que ça passionne ceux qui, comme moi, ont passé un nombre d'heures incalculable à contempler cette fameuse page, un stylo Bic bleu roi à la main, en se demandant quelle était la prochaine blague qu'on allait bien pouvoir y inscrire. Souvenez-vous, c'était notre Facebook d'avant! (Sans les likes, ni les filtres, ni la pression sociale... bon, ok, rien à voir, mais l'idée y est!)
Sallaud, c'est chic, c'est choc, c'est... un cahier!
Le cahier Sallaud, c'est une institution. Un peu comme le camembert, mais en plus rectangulaire et en moins odorant. On a tous eu un cahier Sallaud entre les mains à un moment donné. Que ce soit en primaire, en collège, voire (pour les plus courageux) à la fac! Son papier, reconnaissable entre mille, a absorbé des litres d'encre de stylos plume, des gribouillis compulsifs pendant les cours de maths, et même (chut!) quelques taches de Nutella. Et sa page de garde, elle, était la toile vierge de nos ambitions artistiques (plus ou moins réussies...).
La customisation, un art ancestral
La page de garde Sallaud, c'était l'occasion de montrer au monde entier l'étendue de notre... créativité. On y retrouvait en général:
Must Read
- Un nom, écrit avec une police d'écriture digne d'un hiéroglyphe égyptien (le "style coulé" était très tendance).
- La matière, souvent agrémentée d'un dessin approximatif représentant... bah, la matière en question. Un triangle pour la géométrie, une éprouvette pour la chimie, un bonhomme qui lit pour le français (original, non?).
- Le nom du prof, parfois précédé d'un "M." ou "Mme." (pour la politesse), parfois suivi d'un petit surnom affectueux (ou pas). Disons juste que certains surnoms étaient plus "discrets" que d'autres... A bon entendeur!
- Et, bien sûr, la fameuse blague. La blague, c'était le Graal de la page de garde. Il fallait qu'elle soit drôle (enfin, drôle pour des ados), originale (enfin, aussi originale que possible en pompant sur le voisin), et surtout, qu'elle fasse mouche.
Les blagues, toute une histoire
Les blagues sur les pages de garde Sallaud, c'était un peu comme les memes d'aujourd'hui. Elles circulaient de cahier en cahier, se transformant, s'adaptant, se déformant parfois complètement. On retrouvait souvent des classiques comme "Pourquoi les poissons vivent dans l'eau salée? Parce que la mer est trop grande pour mettre un aquarium" ou "Que dit une fraise qui tombe? Aie ma confiture!". Du grand art, je vous dis!

Et puis, il y avait ceux qui se prenaient pour des artistes (vous voyez de qui je parle!). Eux, ils ne se contentaient pas d'écrire une blague. Non, ils dessinaient! Des personnages de mangas, des voitures de course, des paysages imaginaires... Certains étaient même doués! (D'autres, beaucoup moins, mais l'intention était là, c'est le principal!). On vous admire en secret!
Aujourd'hui, et demain ?
Aujourd'hui, avec les tablettes et les ordinateurs, le cahier Sallaud est-il en voie de disparition? Peut-être. Mais la page de garde, elle, vivra toujours dans nos cœurs! Elle est le symbole d'une époque, d'une certaine insouciance, et d'une créativité débridée. Alors, la prochaine fois que vous croiserez un cahier Sallaud (dans un musée d'art moderne, qui sait?), ayez une pensée émue pour tous ces artistes en herbe qui ont sublimé cette humble page de papier.

Et si jamais vous retrouvez un de vos vieux cahiers, surtout, ne le jetez pas! Gardez-le précieusement. Il pourrait valoir de l'or... ou au moins, vous faire bien rire en vous remémorant vos blagues d'ado (et en vous disant: "Mon Dieu, qu'est-ce qu'on était bête!"). Mais au fond, c'est ça qui est bon, non?
Sur ce, je vous laisse. Je vais retourner chercher mon vieux cahier de maths. J'ai une furieuse envie de relire mes blagues sur les logarithmes... et de pleurer un bon coup en réalisant que je n'y comprends toujours rien!
